Lili Bel

Lili BEL, Plasticienne Textile

Formée aux Arts Appliqués (plasticien de l'environnement architectural) et aux Arts Décoratifs (en scénographie), Lili Bel s’intéresse au volume et à l’espace. La laine est son matériau de prédilection.

Depuis quelques années, sa démarche artistique tend à « descendre dans la rue » pour se confronter au public le plus large. Depuis l’investissement du cube de verre présent devant le Théâtre Sylvia Montfort (Paris 15e) jusqu’à la Journée Mondiale du Tricot (Wool la la ! Tricotons l’Art – La REcyclerie, Paris 18ème ) plus récemment, son ambition n’a cessé d’aller dans ce sens : se rapprocher du public.

Travaillant autour du fil, ses réalisations textiles revêtent une forme à la fois monumentale et confidentielle. Elle emprunte sa technique aux ouvrages dits de patience (les travaux d’aiguilles, et particulièrement le crochet), une technique lente, faisant écho aux travaux des femmes d’antan, qui confère à l’ensemble de ses créations, une note obsessionnelle. Maille après maille, sa pensée se révèle, l’ouvrage prend forme…

Sa série d’installations en fils tendus est un travail in situ qui dialogue avec le lieu. Avec minutie, l’artiste tisse dans l’espace des centaines de fils de laine. Ce travail éphémère offre une nouvelle lecture de l’endroit ainsi investi, restructuré par la création de nouveaux volumes composés de traits. Au fil de ses pensées, l’architecture se métamorphose par les lignes et les couleurs dont Lili Bel la vêt.

Plasticienne textile, elle participe à de nombreuses expositions collectives et collabore à des performances de danse contemporaine.

Concevoir des installations in situ l’inspire. Et elle aspire aujourd’hui à investir sans cesse de nouveaux lieux.

 

Visitez aussi :

ww.lili-bel.com

www.youtube.com/channel/UCQVi1Hs1-4A861c6UEbfJCA

Actuellement

Lundi 12 Décembre 2016

Actuellement:

 

"Reprise !"

du 18 novembre 2016 au 08 janvier 2017

La Manufacture - Roubaix (59)

Reprise !

La Manufacture de Roubaix accueille la première exposition personnelle de Lili Bel, plasticienne textile, en réunissant des œuvres réalisées au cours des quinze dernières années, auxquelles viennent s’ajouter quelques pièces inédites, conçues spécialement pour l’événement.

Reprise ! Où quelque chose se rejoue, pour réunir, rassembler, confronter différentes parties d’un patrimoine réalisé maille après maille…

Reprise ! Où quelque chose d’intime se répare, se restaure, comme les peurs, les chagrins, les deuils, liés à notre condition humaine.

Si le travail de Lili Bel est diversifié dans ses formes, ses dispositifs et ses formats, l’ensemble de son œuvre prend toute sa cohérence dans l’utilisation du matériau de prédilection de l’artiste : la laine.

Le fil de laine se déroule, se tisse, s’emmêle, se crochète sans relâche, de façon quasi obsessionnelle, en deux ou trois dimensions, dans de petits objets autonomes ou au sein d’installations plus monumentales, souvent in situ, s’épanouissant au sein même des lieux d’exposition, en intérieur comme en extérieur.

Lorsqu’elle nous offre à voir ses œuvres les plus intimistes, notamment les séries, Lili Bel nous livre ses attentes, ses quêtes d’amour ou d’harmonie. Dans cet aspect de son travail, le fil sert également de médium pour écrire des messages intégrés aux œuvres. Ses mots sont alors brodés sur divers supports tels la tarlatane ou des photographies. Parfois naïfs, sensibles ou crus, ils peuvent également être drôles, légers, distanciés et chargés d’humour. La plupart du temps la typographie de ces messages est soignée, presque scolaire –réminiscence de l’enfance et de ses pensées magiques. Cette application témoigne de l’importance, pour l’artiste, de prendre soin, de « bichonner » ceux ou ce que l’on aime, peut-être pour prévenir ou réparer les blessures de la vie, comme on repriserait un vêtement endommagé.

Ces œuvres sont souvent inscrites dans une temporalité telle : le souvenir, la collection, l’attente, qui les situe à la fois dans un travail autobiographique singulier, et dans un questionnement universel ramenant chacun à sa propre humanité.

Les « installations au fil » sont, quant à elles, des œuvres beaucoup plus abstraites, souvent monumentales puisqu’elles dialoguent la plupart du temps avec les espaces pour lesquels elles ont été conçues. Des entrelacements de fils savamment tendus ou crochetés, se déploient, structurent et redessinent les lieux. Le spectateur est alors invité à pénétrer, longer ou parcourir les œuvres pour percevoir différemment la réalité de ces espaces, ainsi métamorphosés.

Le travail de Lili Bel ici présenté est également caractérisé par la franchise chatoyante de ses couleurs qui donne à l’ensemble un aspect vivant, vibrant … telle une véritable réserve d’énergie.

 

Prune Kantor

3 septembre 2016